Depuis quelques années le design des années 50 et 60 revient en force. Que cela soit du pur vintage chiné ou des rééditions (plus ou moins réussies).
Si la mode et le design sont d’éternels recommencement et d’éternelles réinventions, pourquoi est-ce que nous y sommes tellement sensibles en ce moment?
Si vous faites partie de la génération des quadras, celle qui a du pouvoir d’achat (comprenez: pas les étudiants ou primo-locataires qui n’ont d’autre idée que de se meuble rapide et pas cher chez Ikea) vous commencez à envisager la vie sans vos grands-parents, partis bien trop tôt.
Ils emportent avec eux les douces images de l’enfance, les goûters sur la table en formica, le chocolat chaud Banania (avant qu’il ne soit déclaré politiquement incorrect) les coussins en laine qui gratte, les motifs géométriques, le jaune moutarde des rideaux, les teintes pastel des murs, les couleurs criardes de la cuisine.
En ces temps incertains, il est normal que nous cherchions des images rassurantes, enveloppantes. Les héros de notre enfance refont surface et cela marche car nous avons envie de transmettre cette insouciance à nos enfants. Comme les aventures du Petit Nicolas qui dépeint les années 50 comme une heureuse parenthèse. Cela se traduit par un retour du vintage (le succès des Puces du Design depuis 15 ans en est une preuve flagrante)
Les collectionneurs de vaisselle décorée arpentent fébrilement chaque brocante à la recherche des motifs naïfs remis au goût du jour par Ora Kiely (qui a récemment créé une gamme pour Monoprix) ou Marimekko.
Les jeunes créateurs (Miss Print) mais aussi les grandes maisons (Little Greene) éditent du papier-peint qui plante immédiatement un décor délicieusement rétro où l’on s’attend à voir une jeune femme en robe tulipe servir des Martini sur un plateau émaillé.
Idem côté mobilier. Les années 50 ont vu l’apogée du design scandinave: danois, suédois, finois. Des formes organiques, des matières brutes: du bois, de la laine tissée, du cuir, de l’acier dont la sobriété n’a jamais été égalée. Et l’on garde un souvenir un peu raide du canapé de mémé Germaine sur lequel on ne faisait pas les marioles! (on ne s’y vautrait pas non plus pour jouer avec une console de jeux) Aujourd’hui toutes les enseignes abordables comme Bo Concept ont récréé des modèles similaires avec une assise mieux rembourrée pour adulescents épuisés.
Car les années 50 sont caractérisées par des courbes douces, des teintes pastels, des motifs affirmés qui les rendent intemporels et immédiatement identifiables. Ceci répond à notre besoin de compréhension immédiate du monde qui nous entoure car surchargé d’information.
Le génie du design des années 50 est leur identification immédiate. Comme la chaise série 7 de Arne Jacobsen . Ces objets tellement épurés, simples sans être simplistes, fonctionnels et beaux à la fois font que nous resterons très sensibles à ces créations… et qui sait… dans 50 ans, nos petits enfants à leur tour réinventeront ce design en souvenir de nos intérieurs, eux-mêmes chargé de la nostalgie de nos aïeux…
Une sorte de mouvement perpétuel en somme, car connaître ses racine est se donner des ailes.

SOURCEhttp://www.cotemaison.fr/vintage_11688.html
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“A truly great book should be read in youth, again in maturity and once more in old age, as a fine building should be seen by morning light, at noon and by moonlight.” - Robertson Davies

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